NICOLA LO CALZO


    FR/

    CHAM

    Mémoires et persistances de l'esclavage colonial : une enquête photographique 2010-2020

    De quelle manière fut organisé le consensus politique social et moral autour de l’ésclavage des Africains pendant quatre siècles et comment il a été possible d’occulter ce passé de la mémoire collective de l’Occident, même jusque dans les manuels scolaires? 

    Si les mémoires de l’esclavage, écartées par les rails de l’histoire officielle, ont survecu, jusqu’à nos jours, sous quelles formes, dans quelles pratiques et quels lieux? Dans quelle mesure, ces mémoires, refoulées par les uns, préservées par les autres, définissent nos relations au quotidien, notre perception de l’autre et la place de chacun dans la société? 

    « Cham » documente l’héritage de la traite négrière et de l’esclavage occidental des Africains dans le monde atlantique au XXIe siècle pour le patrimoine immatériel encore existant, c’est à dire les diverses manifestations des mémoires de l’esclavage colonial, des résistances à celui-ci, de ses abolitions. 

    La genèse du projet Cham s’inscrit fondamentalement dans un questionnement personnel sur l’identité. Qu’est-ce que l’autre ? Comment est-il fabriqué, par qui, et par quel système ? Ce travail photographique s’est peu à peu construit spontanément autour des minorités, leurs combats, leurs négociations et leurs stratégies pour exister face à un système dominant. 

    Devant cette amnésie généralisée, les mémoires de l’esclavage portées par les Afro-descendants constituent un véritable moyen d’être au monde et de résister face à un système qui prétend encore les dénier ou les minimiser. D’où, leur valeur éminemment politique.

    Cham est avant tout un voyage à travers une nouvelle géographie de la mémoire et du monde, qui souhaite « déplacer les centres » et éveiller les consciences sur des savoirs et des pratiques à la marge de ces peuples dépositaires et leur incessante circulation par-delà l’Atlantique. 

    Nicola Lo Calzo


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    ENG/

    CHAM

    Memories and Persistence of Colonial Slavery: A Photographic Survey 2010-2020

    How was the social and moral political consensus organized around the slavery of Africans for four centuries and how was it possible to hide this past from the collective memory of the West, even in school textbooks? 

    If the memories of slavery, set aside by the rails of official history, have survived, until today, in what forms, in what practices and in what places? To what extent do these memories, repressed by some, preserved by others, define our daily relationships, our perception of the other and everyone's place in society? 

    "Cham" documents the legacy of the slave trade and Western slavery of Africans in the Atlantic world in the 21st century for the intangible heritage that still exists, i.e. the various manifestations of the memories of colonial slavery, of resistance to it and of its abolition. 

    The genesis of the Cham project is fundamentally part of a personal questioning of identity. What is the other one? How is it made, by whom, and by what system? This photographic work has gradually developed spontaneously around minorities, their struggles, negotiations and strategies to exist in the face of a dominant system. 

    Faced with this generalized amnesia, the memories of slavery carried by Afro-descendants constitute a real means of being in the world and resisting a system that still claims to deny or minimize them. Hence, their eminently political value.

    Cham is above all a journey through a new geography of memory and the world, which aims to "move the centres" and raise awareness about knowledge and practices on the margins of these depositary peoples and their unceasing circulation across the Atlantic. 

    Nicola Lo Calzo