ANTICORPS

Safâa Erruas

 

2 février - 30 mars 2013

Vernissage 2 fevrier 18h-21h


16 rue des Coutures Saint-Gervais - 75003
mardi-samedi 11h-19h

     

     

     

     

     

     

     

    Safaa Erruas est née en 1976 à Tétouan au nord du Maroc.

    Après une formation à l'Institut des Beaux-Arts de sa ville natale, Tétouan, elle se singularise très rapidement par une démarche radicale et s'oriente vers la monochromie, le blanc. En effet elle entreprend encore étudiante, un voyage à travers diverses villes du Maroc afin d'inventorier les motifs et couleurs des souks et grands marchés. A partir de ce moment là, l'artiste ressent le besoin d'épurer son univers, son propos, pour se ressourcer à la suite de cette cacophonie de couleurs et ne quitte plus depuis cette époque la monochromie.
    Les matériaux qu'elle utilise évoquent la légèreté, la douceur, la transparence et leur traitement peut symboliser une extrême violence, une confusion des formes qui induit celle des sentiments.Toutes les problématiques liées au corps sont suggérées, le corps objet de genre, corps souffrant de maladie ou corps de la personne vivant en société dans des conditions politiques mouvantes ou incertaines.Pour ce faire, tissu, gaze, perles de céramique, coton, aiguilles sont autant de matériaux doux et tranchants qui s'opposent et s'unissent pour mettre en valeur un propos puissant et fin à la fois.

    Dans ANTICORPS, première exposition personnelle à la galerie Dominique Fiat, Safaa Erruas fait une référence silencieuse à la douleur.Elle développe ce thème dans ses différents aspects, scientifiques bien sûr mais aussi à partir de l'Intime pour aller vers des applications pour l'individu et la société. Cette présence de la douleur prend différentes formes, douleur extrême, criante mais également à travers le silence, sans voix même si elle est permanente et forte, elle est dessinée par des milliers de cicatrices invisibles que l'on ne reconnait qu'à travers soi.
    L'artiste fait référence au poème INVICTUS écrit par William Ernest Henley sur son lit d'hôpital (après une amputation du pied à l'âge de 25 ans).
    Poème préféré de Nelson Mandela il traduit à merveille l'aspect fondamental du travail de Safaa Erruas, l'idée du Visible/Invisible sans opposition entre les deux.

    Dans les ténèbres qui m’enserrent
    Noires comme un puits où l’on se noie,

    Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,
    Pour mon âme invincible et fière,

    Dans de cruelles circonstances,
    Je n’ai ni gémi ni pleuré,
    Meurtri par cette existence,
    Je suis debout bien que blessé,

    En ce lieu de colère et de pleurs,
    Se profile l’ombre de la mort,
    Et je ne sais ce que me réserve le sort,

    Mais je suis et je resterai sans peur

    Aussi étroit soit le chemin,
    Nombreux les châtiments infâmes,
    Je suis le maître de mon destin,
    Je suis le capitaine de mon âme.



    Safaa Erruas est également présente dans l'exposition à l'Institut du Monde Arabe de 25 ans de créativité arabe jusqu'au 3 février.

     

                                                                                                                                                                                                                            

     

    Safaa Erruas was born in 1976 in Tetouan in northern Morocco.

    After studying at the Institute of Fine Arts in her hometown, Tetouan, she stood out very quickly by a radical approach towards monochrome and white.
    While studying, she started traveling through various cities of Morocco to inventory patterns and colors of the souks and major markets. Since that time, the artist felt the need to purify her universe, all these colors giving place to monochrome.
    The materials she uses evokes lightness, softness, transparency and symbolizes extreme violence. The confusion of forms induces on another hand the feelings.
    All the issues related to the body are suggested, the body-as-object, illness of the body or people living in changing societies with uncertain political conditions.
    To reach her aim, she uses, cloths, gauzes, ceramic beads, cotton, needles which are all soft and sharp materials who both oppose and gather themselves to showcase powerful words.

    In ANTICORPS, her first solo exhibition at the gallery Dominique Fiat, Safaa Erruas’s work is an allusion to silent pain.
    This theme is developed through various aspects, scientific, but also intimacy, in order to reach the individual and society. This presence of pain can take many forms, extreme pain, that can be obvious, but also a speechless pain that would be drawn by thousands of invisible scars that scrarified our sole.
    The artist refers to the poem INVICTUS written by William Ernest Henley on his hospital bed (after his foot amputation at the age of twenty-five).
    Nelson Mandela's favorite poem  reflects perfectly the fundamental aspects of Safaa Erruas’s work with both the idea of ​​Visible / Invisible without any opposition between these two words.

    Out of the night that covers me,
    Black as the pit from pole to pole,

    I thank whatever gods may be
    For my unconquerable soul.

    In the fell clutch of circumstance

    I have not winced nor cried aloud.
    Under the bludgeonings of chance
    My head is bloody, but unbowed.

    Beyond this place of wrath and tears
    Looms but the Horror of the shade,
    And yet the menace of the years

    Finds and shall find me unafraid.

    It matters not how strait the gate,
    How charged with punishments the scroll,

    I am the master of my fate,
    I am the captain of my soul.


    Safaa Erruas is also exhibited at the Institut du Monde Arabe for the Twenty-five years of The Arab Creativity until February 3.