PHOTOGRAPHIES : RUT BLEES LUXEMBURG & NICOLA LO CALZO

    Ayant annulé le vernissage prévu samedi 14 novembre suite aux évènements tragiques survenus la veille, la Galerie Dominique Fiat sera ouverte le samedi 28 et dimanche 29 novembre, à partir de 10h, en présence du photographe Nicola Lo Calzo.

     

    Dédiée à la mythique « Piccadilly line » du métro londonien, la série photographique Piccadilly’s Peccadilloes met en scène quelques unes des stations dessinées par Charles Holden dans les années trente. A la surface de l’eau, les images de Rut Blees Luxemburg capturent par bribes les lettres lumineuses des stations Green Park, Royal Park, Southgate... La luisance d’une flaque d’eau ou du bitume mouillé crée à chaque fois un cadre d’observation imparfait où se reflète la réalité. Les Piccadilly’s Peccadilloes sont littéralement les peccadilles à connotation « légère » de Piccadilly. Rut Blees Luxemburg met en lumière ces insaisissables erreurs d’appréciation que commet le regard lorsqu’il se pose sur les miroitements nocturnes de la ville.

    La série Piccadilly’s Peccadilloes est une commande de Platform for Art pour le centenaire de la « Piccadillyline ». Rut Blees Luxemburg est allemande ; elle vit et travaille à Londres. Elle a régulièrement exposé à Londres et à l’étranger, établissant une réputation de photographe des plus intéressantes sur la scène artistique Britanique.

     

    Quand il n’est pas en commande pour le New York Times, le Monde ou un autre journal, Nicola Lo Calzo se consacre au colossal projet photographique qui l’occupe depuis maintenant plus de 5 ans : en Afrique - au Bénin, au Ghana, au Sénégal - puis dans les Caraïbes - en Haïti, en Guadeloupe, en Martinique - puis aux Etats-Unis, en Louisiane, et de nouveau dans les Caraïbes - en Guyane française et au Suriname et à présent à cuba - ce jeune photographe italien a exploré les mémoires post coloniales et les pratiques identitaires contemporaines liées à ce passé colonial. Il interroge leur représentation, leur résilience, leur réappropriation, leur disparition.


    A cheval sur le documentaire et la photographie artistique, son travail est un formidable témoignage de l’impact du passé sur le présent quant aux populations marquées par l’histoire de l’esclavage et de la colonisation. Arrivé à terme, ce grand projet, constitué des différentes séries résultant de ses voyages, portera le nom de Cham. Nicola Lo Calzo retournera en Afrique, en Angola et au Congo. La boucle sera alors bouclée...

    Frédérique Briard