ROXANE DAUMAS

 

 

Base Martha


Vernissage jeudi 12 mars

12 mars - 9 mai 2020

 

Roxane DAUMAS / Base Martha #5, 2020, Pierre noire sur papier / 187 x 125 cm




FR/

A propos de la Base Martha
C’est un site singulier, chargé d’histoire. Niché dans le port autonome de Marseille, ce bunker (dont le nom de code était Martha) devait devenir la principale base de sous-marins allemands en Méditerranée. Il fut commencé en mai 1943 par l’Allemagne nazie. Le débarquement massif des forces alliées en août 1944 marqua la  n du chantier. Les travaux ne furent jamais achevés. Il ne manquait que la mise en eau.
C’est un colosse de béton armé brut de 251 mètres de long et 45 de large, protégé par un haut mur, face à la mer. La structure était censée résister aux bombes de 10 tonnes avec un toit de 7 mètres d’épaisseur et des murs d’enceinte de près de 3 mètres. Sa démesure le rend indestructible. En 1944, ce bunker représentait la présence allemande à Marseille. Considéré comme une verrue dans les années 60, il entre dès les années 80 dans le patrimoine de l’histoire urbaine de la ville. Aujourd’hui, sa requali cation en DATA CENTER lui offre une nouvelle perspective fonctionnelle et architecturale.
Les travaux de Roxane Daumas interrogent les espaces en transition. De l’impact de la désindustrialisation sur l’ergonomie des villes Wallonnes, à l’abondance des architectures inachevées présentes sur de nombreux territoires dans le monde, chaque sujet développé par l’artiste relève l’empreinte de l’activité humaine sur nos paysages quotidiens. L’activité sociale et économique, les choix politiques successifs d’aménagement des territoires, l’histoire, les modes, chaque paramètre impacte par couches successives nos espaces de vie.
La Base Martha est un site particulièrement édi ant et chargé, car il renvoie directement à un épisode noir et récent de notre histoire, la seconde guerre mondiale et ses horreurs. La présence des nazis se lit encore sur les murs du colosse (peintures rupestres bavaroises, croix gammées, écritures allemandes). On ne peut échapper à la projection de la folie des hommes et de la guerre. Restée en suspens depuis plus de 75 ans, la Base Martha est marquée par le temps, il se devine dans l’extraordinaire complexité du béton. Les prises de vues ont été réalisées la semaine précédent les travaux de restructuration. Chaque dessin s’appuie sur un travail photographique en amont. Pourtant, les photographies sont traitées dans la perspective des dessins. Chaque zone de l’image est retravaillée, sculptée pour extraire l’essence sensible du sujet abordé. Une opposition constante entre attractivité et répulsion, lumière et obscurité.
Le dessin fantasme les noirs. Grands formats, cadrages, contraste et densité participent à l’élaboration d’une réalité  ctive. La lecture spatiale et fonctionnelle du lieu se brouille.
La facture réaliste des dessins renvoie au médium photographique et à une certaine forme de réalité. Les gommes bichromatées, elles, sont plus picturales bien qu’elles soient des objets photographiques.
Cette dualité entre ces deux médiums renforce le questionnement de ce qui est ou a été. Chaque représentation participe à la patrimonialisation du monument. Rongés par les stigmates du temps, ce colosse de béton devient un vestige emblématique de notre époque, le temple, le témoin, le paradigme de nos folies contemporaines.
Ce site se destine à abriter et protéger un centre de données numériques, données qui sont aujourd’hui au coeur des enjeux de l’organisation de notre monde contemporain.

A propos de la Base Martha

 

C’est un site singulier, chargé d’histoire. Niché dans le port autonome de Marseille, ce bunker (dont le nom de code était Martha) devait devenir la principale base de sous-marins allemands en Méditerranée. Il fut commencé en mai 1943 par l’Allemagne nazie. Le débarquement massif des forces alliées en août 1944 marqua la  n du chantier. Les travaux ne furent jamais achevés. Il ne manquait que la mise en eau.


C’est un colosse de béton armé brut de 251 mètres de long et 45 de large, protégé par un haut mur, face à la mer. La structure était censée résister aux bombes de 10 tonnes avec un toit de 7 mètres d’épaisseur et des murs d’enceinte de près de 3 mètres. Sa démesure le rend indestructible. En 1944, ce bunker représentait la présence allemande à Marseille. Considéré comme une verrue dans les années 60, il entre dès les années 80 dans le patrimoine de l’histoire urbaine de la ville. Aujourd’hui, sa requali cation en DATA CENTER lui offre une nouvelle perspective fonctionnelle et architecturale.


Les travaux de Roxane Daumas interrogent les espaces en transition. De l’impact de la désindustrialisation sur l’ergonomie des villes Wallonnes, à l’abondance des architectures inachevées présentes sur de nombreux territoires dans le monde, chaque sujet développé par l’artiste relève l’empreinte de l’activité humaine sur nos paysages quotidiens. L’activité sociale et économique, les choix politiques successifs d’aménagement des territoires, l’histoire, les modes, chaque paramètre impacte par couches successives nos espaces de vie.

 

La Base Martha est un site particulièrement édi ant et chargé, car il renvoie directement à un épisode noir et récent de notre histoire, la seconde guerre mondiale et ses horreurs. La présence des nazis se lit encore sur les murs du colosse (peintures rupestres bavaroises, croix gammées, écritures allemandes). On ne peut échapper à la projection de la folie des hommes et de la guerre. Restée en suspens depuis plus de 75 ans, la Base Martha est marquée par le temps, il se devine dans l’extraordinaire complexité du béton. Les prises de vues ont été réalisées la semaine précédent les travaux de restructuration. Chaque dessin s’appuie sur un travail photographique en amont. Pourtant, les photographies sont traitées dans la perspective des dessins. Chaque zone de l’image est retravaillée, sculptée pour extraire l’essence sensible du sujet abordé. Une opposition constante entre attractivité et répulsion, lumière et obscurité.

 

Le dessin fantasme les noirs. Grands formats, cadrages, contraste et densité participent à l’élaboration d’une réalité  ctive. La lecture spatiale et fonctionnelle du lieu se brouille.

 

La facture réaliste des dessins renvoie au médium photographique et à une certaine forme de réalité. Les gommes bichromatées, elles, sont plus picturales bien qu’elles soient des objets photographiques.

 

Cette dualité entre ces deux médiums renforce le questionnement de ce qui est ou a été. Chaque représentation participe à la patrimonialisation du monument. Rongés par les stigmates du temps, ce colosse de béton devient un vestige emblématique de notre époque, le temple, le témoin, le paradigme de nos folies contemporaines.

 

Ce site se destine à abriter et protéger un centre de données numériques, données qui sont aujourd’hui au coeur des enjeux de l’organisation de notre monde contemporain.



EN/

About Base Martha


It’s a distinctive site, full of history. Nestled in the autonomous port of Marseille, this bunker (codenamed Martha) was to become the main base for German submarines in the Mediterranean. It was started by Nazi Germany in May 1943. The massive landing of the Allied forces in August 1944 marked the end of the construction. The work was never completed and all it was missing was the launching.


It is a colossus of raw reinforced concrete, 251 meters long and 45 meters wide, protected by a high wall, facing the sea. The structure was supposed to resist 10-ton bombs, with a 7-meter-thick roof, and surrounding walls nearly 3 meters thick. Its excessiveness makes it indestructible. In 1944, this bunker represented the German presence in Marseille. Considered a wart in the 1960s, it became part of the city’s urban history heritage in the 1980s.Today, its requalification as a DATA CENTER, gives it a new functional and architectural perspective.



The work of Roxane Daumas questions spaces in transition. From the impact of deindustrialization on the ergonomics of Walloon cities, to the abundance of unfinished architecture present in many parts of the world, each subject developed by the artist takes the imprint of human activity on our daily landscapes. Social and economic activity, the successive political choices of regional planning, history, and fashions, each parameter impacts our living spaces in successive layers.

 

 

The Martha Base is a particularly edifying and charged site, as it refers directly to a dark and recent episode in our history, the Second World War and its horrors. The presence of the Nazis can still be read on the walls of the colossus (Bavarian rock paintings, swastikas, German writings). One cannot escape the projection of human folly and war. The Martha Base, which has remained unsettled for more than 75 years, is marked by time, it can be guessed from the extraordinary complexity of the concrete. The photos were taken the week before the restructuring work. Each drawing is based on a photographic work upstream. However, the photographs are treated in the perspective of the drawings. Each area of the image is reworked, sculpted to extract the sensitive essence of the subject matter. A constant opposition between attraction and repulsion, light and darkness.

 

The drawing fantasizes the blacks. Large formats, framing, contrast and density participate in the elaboration of a fictional reality.  The spatial and functional reading of the place becomes blurred.

 

The realistic construction of the drawings refers to the photographic medium and to a certain form of reality. Bichromate erasers are more pictorial although they are photographic objects.

 

This duality between these two mediums reinforces the questioning of what is or has been. Each representation participates in the patrimonialization of the monument. Eaten away by the stigmata of time, this concrete colossus becomes an emblematic vestige of our time, the temple, the witness, the paradigm of our contemporary madness.

 

This site is intended to house and protect a digital data centre, data that are today at the heart of the issues at stake in the organisation of our contemporary world.