SUE WILLIAMSON

 

Pages from the South

 


Vernissage samedi 12 septembre 16h-20h

12 septembre - 31 octobre 2020

 

 

 

Nocturne Jeudi 22 octobre 16h - 20h

Projection spéciale : It's a pleasure to meet you

 

 

Ouverture Dimanches 18 et 25 octobre 14h - 18h


 

 

 

 

 

FR/

 

Sue Williamson (née en 1941 à Lichfield, UK, vie à Cape Town) a émigré avec sa famille en Afrique du Sud en 1948. Formée à la gravure, Williamson travaille dans le domaine de l'installation, de la photographie et de la vidéo. Elle fait partie de la génération pionnière des artistes sud-africains qui ont commencé à travailler dans les années 1970 sur le changement social de l'Afrique du Sud de l'apartheid. Dans les années 1980, elle est devenue internationalement reconnue pour sa série de portraits de femmes impliquées dans la lutte politique du pays.

 

Depuis le 29 juillet 2020 elle participe à l’exposition « Global(e) Resistance » au Centre Pompidou, commissaires Christine Macel et Alicia Knock avec des oeuvres appartenant à la Collection Permanente du Musée et ce jusqu’au 4 janvier 2021.

 

Williamson est présente dans de nombreuses collections publiques, notamment à la Tate Modern, le Victoria and Albert Museum de Londres, le Museum of Modern Art de New York et le Musée National d’Art Moderne et Contemporain du Centre Pompidou. Ces dernières années, son travail a été vu à Paris lors d'expositions à la Maison Rouge, à la Fondation Louis Vuitton, à la Monnaie de Paris et le Mac Val - Musée d'art contemporain du Val-de-Marne.

 

La Galerie Dominique Fiat, pour sa première exposition personnelle en France, présente un ensemble d’œuvres représentatives de l’effet dévastateur de l’apartheid sur les Sud-Africains. Cet ensemble couvrant plusieurs décennies de son travail se concentre sur les questions touchant la Commission Vérité et Réconciliation, l’esclavage et l’immigration.

 

« The Last Supper of Manley Villa » est une série de photographies qui documentent les derniers jours d’une maison avant sa démolition, et de la famille qui l’a habitée pendant trente ans. En vertu d’une proclamation faite en 1966 dans le cadre de la loi sur les Group Areas Act, le district 6 avait été déclaré réservé pour les blancs uniquement, et 60 000 résidents de toutes origines en avaient été expulsés. Le 2 août 1981, Naz et Harry Ebrahim avaient célébré l’Aïd avec leur famille et leurs amis à Manley Villa pour la dernière fois. Les dix premières photos de ce portfolio ont été prises ce jour-là et aux alentours. Quelques mois plus tard, la confortable maison familiale a été démolie. La dernière photo du portfolio a été prise en 2008 et montre l’endroit vide où se trouvait autrefois Manley Villa.

 

L’immigration a touché une multitude d’autres personnes tels Naz et Harry Ebrahim; les malles en métal de « The Long Journey of the Brothers Ngesi » racontent l’histoire de tous les travailleurs migrants venus des zones rurales d’Afrique du Sud et du Zimbabwe, pour travailler dans les mines d’or des environs de Johannesburg dans le cadre de contrats annuels. Les pages des passeports de deux frères sont collées sur les malles. Ils étaient eux-mêmes une sorte de «bagage». Ces documents d’identité devaient être portés en permanence par tous les Sud-Africains noirs, et devaient être signés chaque mois par un employeur pour rester légaux.

 

Pour la série « Pages from a Government Tourist Brochure », Williamson a sélectionné sept pages de la brochure Native Life in South Africa - publiée par l’organisation South African Railways, ‘Airways and Harbours Publicity and Travel’ en 1936. Il s’agissait du département gouvernemental chargé de la promotion du tourisme à l’étranger, distribué à l’époque où l’Afrique du Sud était encore une colonie britannique. Dans chacune de ces pages, les légendes des photographies, avec leur obsession pour la couleur de la peau et la texture des cheveux et leurs commentaires désobligeants sur les croyances religieuses et les coutumes sociales, objectivent leurs sujets. L’artiste a gravé des mots et des phrases de ces légendes dans les cadres rigides en acier, et des barrières supplémentaires entre le spectateur et le sujet sont fournies par divers dispositifs de «filtrage».

 

Les portraits de Caroline Motsoaledi et Eslina Silinga sont tirés d’une enquête photographique sous le nom de « All Our Mothers ». Parmi les nombreuses femmes qu’elle a photographiées, l’artiste a choisi celles qu’elle a rencontrées et avec lesquelles elle a interagi - en tant que militante et artiste - depuis le début des années 1980. Les portraits faisaient initialement partie d’un autre projet « A Few South Africans » mais la décision d’en imprimer certains comme images autonomes ouvrent un dialogue entre leur passé et leur présent.

 

Richard Belalufu n’est que l’une des dix personnes que Sue Williamson a interviewées pour «Better Lives». Filmé en 35 mm avec la caméra tournée sur le côté pour utiliser au maximum la surface négative, elle n’a fait qu’une seule prise de chaque portrait. Les gens étaient invités à venir habillés de leur plus belle tenue, comme pour un portrait officiel. Des accessoires différents ont été utilisés pour chaque portrait. Une fois assis, les sujets étaient priés de rester immobiles, comme s’ils étaient assis pour une photo de studio , mais il leur était demandé également d’écouter des extraits de leur histoire au fur et à mesure de la lecture. Inévitablement, de petits mouvements - tapotements de la main, petits hochements de tête - ont révélé leurs réactions à l’écoute de leur histoire.

Belalufu est un migrant de la République démocratique du Congo. Il est arrivé au Cap en 1994, laissant sa famille derrière lui lorsqu’il a appris que le régime de Mobutu le pourchassait, car il jouait un rôle d’agent double. Diplômé en génie électromécanique, il a occupé un poste important dans une grande entreprise en RDC, mais il travaille maintenant sur un chantier de construction au Cap. Sa famille a finalement pu le rejoindre quelques années plus tard. Il trouve la vie très difficile à cause de la xénophobie ambiante.

 

Les migrants, les exilés et les réfugiés partagent tous l’expérience du déplacement. Qu’’ils fuient la guerre ou qu’ils cherchent des opportunités économiques, les déracinés ont perdu le sentiment d’être chez eux.

 

Depuis l’Afrique entière des personnes ont été forcées par la guerre et la pauvreté à chercher un refuge temporaire ou permanent au Cap, considéré comme la ville de l’opportunité au pied du continent, ajoutant ainsi à l’héritage culturel déjà diversifié de la ville. Mais là, les nouveaux arrivants sont confrontés à des difficultés encore supplémentaires pour s’intégrer à des communautés qui luttent déjà âprement pour offrir à leurs propres familles une vie meilleure.


 

Cliquez sur le lien pour découvir l'entretien vidéo entre Sue Williamson & Camille Morineau

 

https://youtu.be/ImS534PYzzA

 

Vidéo - Entretien entre Sue Williamson & Camille Morineau

 ENG/

 


Sue Williamson (b. 1941, Lichfield, UK, lives in Cape Town) emigrated with her family to South Africa in 1948. Trained in printmaking, Williamson works in installation, photography and video. She is part of the pioneering generation of South African artists who began working in the 1970s on the social change of apartheid South Africa and by the 1980’s she became internationally recognized for her series of portraits of women involved in the country’s political struggle.

 

She is currently participating in the exhibition "Global(e) Resistance" at the Centre Pompidou that started on July 29, 2020 curated by Christine Macel and Alicia Knock with works from the Permanent Collection of the Museum until January 4, 2021.

 

Williamson is represented in many other public collections including the Tate Modern, the Victoria and Albert Museum in London, the Museum of Modern Art in New York and recently the National Museum of Modern and Contemporary Art of Centre Pompidou. In the past few years, her work has been seen in Paris on exhibitions at the Maison Rouge, the Fondation Louis Vuitton, La Monnaie de Paris, and the Mac Val Musee d’Art Contemporain.

 

Galerie Dominique Fiat, for the first solo show of Sue Williamson in France, is showing an array of work representative of the devastating effect of the apartheid on South Africans. This body of work, covering several decades of her work, focuses on issues relating to the Truth and Reconciliation Commission, slavery, and immigration.

 

« The Last Supper of Manley Villa » is a series of photographs documenting the final days of one house before it was demolished, and of the family who lived in it for thirty years. By proclamation under the Group Areas Act in 1966, District Six was declared a white only district and 60 000 residents of all origins were evicted. On August 2, 1981, Naz and Harry Ebrahim had celebrated Eid with family and friends at Manley Villa for the last time. The first ten photographs in this portfolio were taken on and around that day. A few months later, the comfortable family home was demolished. The last photograph in the portfolio was taken in 2008 and records the empty spot where Manley Villa once stood.

 

Immigration affected many other people such as Naz and Harry Ebrahim; the metal trunks in « The Long Journey of the Brothers Ngesi » tell the story of all the migrant workers who come from rural South Africa and Zimbabwe to work in the gold mines surrounding Johannesburg on annual contracts. The pages from the passbooks of two brothers are glued on to the trunks. They were themselves a form of ‘baggage’. These identity documents had to be carried at all times by all black South Africans, and had to be signed every month by an employer to remain legal. 

 

For the series « Pages from a Government Tourist Brochure », Williamson has selected seven pages from the Native Life in South Africa brochure - published by the South African Railways, Airways and Harbours Publicity and Travel organisation in 1936. This was the government department responsible for promoting overseas tourism, distributed at a time when South Africa was still a British colony. In each of these pages, the captions to the photographs, with their obsession with skin colour and hair texture and their derogatory comments on religious beliefs and social customs, objectify their subjects. The artist has etched words and phrases from these captions into the rigid steel frames, and further barriers between viewer and subject are provided by various ‘screening’ devices. 

 

The portraits of Caroline Motsoaledi and Eslina Silinga are taken from a photographic survey known as «All Our Mothers». Among the many women she had photographed, the artist has chosen those she met and interacted with - as both an activist and an artist - since the early 1980’s. The portraits were initially part of another project « A Few South Africans » but the decision to print some of them as stand-alone images opens a dialogue between their past and their present.

 

Richard Belalufu is only one of the ten people that Sue Williamson interviewed for « Better Lives ». Filmed in 35 mm with the camera turned sideways to utilise maximum negative area, she took only one shot of each portrait. People were invited to come dressed in their best attire, as for a formal portrait. Different props were used for each portrait. Once seated, the subjects were asked to stay still, as if sitting for a long exposure still photograph, but they were also asked to listen to extracts of their story as they were read. Inevitably, small movements – hand tappings, little nods, revealed their reactions to hearing their story. 

 

Belalufu is an immigrant from the Democratic Republic of Congo. He arrived in Cape Town in 1994, leaving his family behind when he learned that the Mobutu regime was hunting him down, as he was acting as a double agent. A graduate in electro-mechanical engineering, he has held an important position in a large company in DRC, but now works on a construction site in Cape Town. His family were finally able to join him a few years later. He finds life very difficult because of the prevailing xenophobia.

 

Migrants, exiles and refugees all share the experience of displacement. Whether fleeing war or seeking economic opportunities, the uprooted have lost their sense of home.

 

Throughout Africa, people have been forced by war and poverty to seek temporary or permanent refuge in Cape Town, considered the city of opportunity at the foot of the continent, thus adding to the city’s already diverse cultural heritage. However, here, the newcomers face additional challenges in integrating into communities already struggling to provide a better life for their own families.

 

 

Sue Williamson,
All Our Mothers, Carolina Mostoaledi, 1984, Pigment inks on archival paper, 39 x 59 cm