Photographier l'action : mémoire visuelle, performance et mise en scène de 1970 à nos jours - Günter Brus, Nicola Lo Calzo, Hannah Collins, John Goto, Emo de Medeiros, Chantal Regnault, Sue Williamson

OCTOBRE - DECEMBRE 2026

De la rue de Vienne en 1970 aux rituels contemporains du Bénin, cette exposition interroge la manière dont la photographie ne documente pas seulement la performance, mais en devient l’espace, la trace et parfois l’extension même.

À travers les œuvres de Günter BrusNicola Lo CalzoHannah CollinsJohn GotoChantal RegnaultEmo de Medeiros et Sue Williamson, le parcours montre comment, depuis plus de cinquante ans, l’image photographique accompagne, construit et prolonge des gestes performatifs, politiques, rituels et culturels.

En 1970, lors de Wiener SpaziergangGünter Brus traverse Vienne, le corps peint aux couleurs autrichiennes. L’action est éphémère, scandaleuse, presque insaisissable. Ce sont les photographies qui en assurent la postérité, transformant un acte performatif en icône de l’Actionnisme viennois.

Avec le projet KAMNicola Lo Calzo explore les mémoires des résistances issues de l’esclavage à travers des mises en scène contemporaines. Ici, la photographie n’enregistre pas un événement : elle produit l’action, elle est le théâtre où se rejouent les histoires invisibilisées.

Dans Routes to Ferran AdriàHannah Collins met en scène les réseaux humains, géographiques et économiques qui relient la cuisine à ses origines. La performance devient diffuse, inscrite dans les circulations et les gestes du quotidien que l’image rend visibles.

Les tableaux photographiques de High Summer de John Goto rejouent, avec une précision quasi picturale, des scènes sociales et politiques. La mise en scène devient un outil critique, où la photographie construit une performance pensée pour l’image.

En 1990, Chantal Regnault photographie les balls de voguing à New York. Elle saisit une culture performative née dans les marges, où l’identité se construit dans l’instant du défilé. Ses images sont aujourd’hui des archives essentielles d’une scène dont la photographie a assuré la transmission.

Au Bénin, Emo de Medeiros documente des cérémonies vaudou où performance rituelle, mémoire ancestrale et contemporanéité se croisent. L’image devient médiation entre visible et invisible.

Avec All Our MothersSue Williamson met en scène la mémoire des femmes sud-africaines ayant résisté à l’apartheid. La photographie devient espace de réparation symbolique, où la performance du souvenir se rejoue devant l’objectif.

Une histoire élargie de la performance par la photographie

L’exposition montre que, de 1970 à aujourd’hui, la photographie est passée :

Elle révèle comment l’image fixe peut contenir le mouvement, le politique, le rituel et l’intime, et comment la performance trouve dans la photographie une mémoire active plutôt qu’un simple enregistrement.