Histoires sans Paroles réunit Günter Brus, Erik Dietman, Noël Dolla, Françoise Vergier, Brian Wills avec Emo de Medeiros à travers l’expérimentation et l’émotion.
Les artistes bien qu’issus de contextes historiques, géographiques et esthétiques divers partagent une même attitude critique. Ils envisagent tous l’art comme production d'œuvres qui allient un acte qui peut être corporel, matériel ou conceptuel, capable de critiquer les cadres dominants.
Ils explorent le corps, le geste, la matière et aiment surprendre, bousculer, invitant ainsi le spectateur à ressentir, distiller la compréhension en racontant chacun à sa manière une histoire. Ces œuvres dessinent un espace de liberté où l’art devient jeu. Elles mettent en avant un monde à part entière qui dialogue avec notre perception et notre imagination en bousculant les normes établies.
Chez Günter Brus le corps est le lieu d’une transgression radicale, confrontant directement les normes morales et politiques. Erik Dietman détourne le dessin, la matière et le langage par l’absurde révélant l’instabilité des signes et des récits culturels. Avec Nöel Dolla la peinture est déconstruite dans ses éléments fondamentaux, le papier, la couleur, le geste, se libèrent de toute représentation ou illusion représentationnelle. Françoise Vergier interroge quant à elle les dispositifs de savoir et de pouvoir, en mettant en tension corps sociaux, récits institutionnels et constructions idéologiques par le biais d’une “presque-représentation” du corps féminin. Le geste répétitif de Brian Wills dialogue avec les mouvements et traces des autres artistes, et crée un rythme visuel et sensoriel traversant toute l’exposition par geste et processus. Emo de Medeiros prolonge ces questionnements dans un contexte contemporain globalisé où le corps devient un interface hybride, traversé par les technologies, les héritages culturels et les circulations post-coloniales.
L’exposition met ainsi en dialogue le corps réel, le corps symbolique et le corps technologique, ainsi que la matière et le langage comme terrain de lutte en refusant les formes closes, les catégories fixes et les hiérarchies établies où le sens naît de la friction, de l’inconfort et du déplacement.
Plutôt qu’un récit linéaire, l’exposition se pense comme un champ de tensions, où les gestes radicaux du passé rencontrent les enjeux critiques du présent, affirmant l’art comme espace d’expérimentation, de résistance et de reconfiguration du regard.